
Après 8 mois d’enquête, de rencontres et de terrain, notre étude sur la structuration de l’économie circulaire culturelle en Pays de la Loire est disponible. 72 pages de diagnostic, d’enseignements et de pistes d’action… mais surtout un point de départ pour 3 expérimentations qui commencent maintenant.
Depuis novembre 2025, nous sommes allé.es à la rencontre des acteur.ices culturel.les, des collectivités, des structures de l’économie circulaire et de l’ESS en Pays de la Loire avec une question en tête : comment mieux faire circuler les ressources du secteur culturel à l’échelle régionale ?
Décors, matériaux, équipements techniques, espaces de stockage, outils, savoir-faire… Les ressources sont là, les pratiques de prêt, de réemploi et de mutualisation aussi, mais elles restent parfois difficiles à identifier, éloignées les unes des autres ou complexes à organiser.
Pendant 8 mois, nous avons donc observé, écouté, visité, cartographié et travaillé avec les acteur.ices du territoire. Aujourd’hui, l’étude est terminée. Et la suite commence.
Du terrain, pas seulement des questionnaires
Pour comprendre ce qui se joue réellement derrière les stocks, les ateliers, les réserves et les besoins des équipes, il fallait aller voir sur place.
L’étude s’appuie notamment sur 101 entretiens qualitatifs menés dans 75 structures, 20 visites de stocks et de sites et 3 ateliers d’intelligence collective réunissant 57 participant.es. Nous avons également accueilli 4 délégations à La Ressourcerie Culturelle, rencontré 70 participant.es lors des portes ouvertes de notre Antenne logistique nantaise et contribué à 8 événements professionnels.
Ce travail de terrain nous a permis de regarder au-delà des seules questions de réemploi : où sont les ressources ? Pourquoi restent-elles parfois immobilisées ? Comment sont organisés les stocks ? Qu’est-ce qui est déjà prêté ou mutualisé ? Quels outils manquent pour faciliter les échanges ?
Les ressources sont déjà là. L’enjeu, c’est de les faire circuler
L’étude confirme un constat important : il ne s’agit pas nécessairement de créer partout de nouveaux équipements ou de nouvelles structures.
Sur les territoires, il existe déjà des gisements de matériels et de matériaux, des espaces, des compétences, des réseaux et des habitudes de coopération. Mais ces ressources sont encore inégalement réparties, parfois peu visibles et insuffisamment connectées entre elles.
Autrement dit : la matière ne suffit pas, il faut la faire circuler !
Cela suppose du réemploi, bien sûr, mais aussi de la mutualisation, du stockage, de la logistique, des outils partagés, de la transmission et de l’animation de réseau. Et les réponses ne peuvent pas être exactement les mêmes partout.
Une région, plusieurs besoins : 3 territoires pour expérimenter
Plutôt que d’imaginer un modèle unique à déployer sur toute la région, nous avons choisi de partir des besoins et des dynamiques déjà présentes localement. 3 expérimentations vont donc permettre de tester des réponses différentes.
- À Angers, nous allons travailler avec La Ressourcerie des Biscottes pour tester une activité de réemploi culturel au sein d’une ressourcerie généraliste : repérer les gisements, organiser les premières collectes, aménager un espace dédié et tester la vente, la location et la mutualisation.
- En Mayenne, l’enjeu sera d’accompagner La Station, portée par Au Foin de la Rue, dans son changement d’échelle : mieux mailler le département, identifier de nouveaux gisements, rendre les ressources plus accessibles et consolider son fonctionnement.
- À Saint-Nazaire, le travail portera davantage sur les stocks déjà existants : les cartographier, identifier les équipements qui pourraient être partagés et structurer des pratiques de mutualisation entre les structures culturelles du territoire.
3 terrains, donc, et 3 questions différentes. Avec un même principe : partir de l’existant, tester avec les acteur.ices et construire des solutions qui puissent ensuite être portées localement.
Notre objectif : relier plutôt que centraliser
Cette étude ne prépare pas l’ouverture d’une Ressourcerie Culturelle dans chaque département. L’ambition est autre : faire émerger un réseau régional de solutions locales, complémentaires et autonomes, capables de coopérer entre elles.
Notre rôle sera notamment de faciliter les liens entre les territoires, transmettre des méthodes et des outils, accompagner la structuration de projets locaux et faire circuler les ressources vers les endroits où elles peuvent être utiles. La Ressourcerie Culturelle continuera également à jouer son rôle de plateforme logistique connectée aux dynamiques régionales et nationales.
L’objectif à terme : que les besoins et les gisements soient mieux identifiés, que les ressources circulent davantage et que les savoir-faire puissent être partagés d’un territoire à l’autre.
L’étude est terminée. Le travail, lui, continue
Cette publication clôt la première étape du projet : celle de l’observation et du diagnostic menée de novembre 2025 à juin 2026. Elle ouvre maintenant une nouvelle phase, consacrée aux expérimentations opérationnelles et à l’animation d’une dynamique régionale, prévue de juillet 2026 à décembre 2027. L’objectif final est de faire émerger des modèles pérennes capables d’ancrer durablement l’économie circulaire dans les pratiques du secteur culturel en Pays de la Loire.
Nous allons donc tester. Observer ce qui fonctionne… ou pas, adapter, documenter, transmettre, et surtout continuer à construire avec les acteur.ices concerné.es. Parce qu’une économie circulaire culturelle ne se décrète pas : elle s’organise collectivement, à partir des ressources, des usages et des coopérations déjà présents sur les territoires.
Envie d’aller plus loin ?
2 formats sont disponibles selon le temps que vous avez devant vous :
→ Découvrir la synthèse « Et si les ressources culturelles circulaient davantage ? » : 8 pages pour comprendre les principaux constats, les 3 expérimentations et la suite du projet.
→ Lire l’étude complète « Structuration de l’économie circulaire culturelle en Pays de la Loire » : 72 pages pour entrer dans le diagnostic, découvrir les observations de terrain, les gisements identifiés, les dynamiques territoriales et les préconisations qui ont conduit aux expérimentations.
Vous êtes une structure culturelle, une collectivité ou un acteur de l’économie circulaire en Pays de la Loire ? Ces expérimentations sont aussi faites pour nourrir les échanges et les coopérations. Parlons-en !
Votre contact autour de la structuration régionale : Clémence Ménard (region@laressourcerieculturelle.com / 06 07 73 99 30)
Étude réalisée avec le soutien de l’Union Européenne (FEDER) et de la Région Pays de la Loire, dans le cadre de la stratégie régionale de transition écologique et d’économie circulaire. Ce projet bénéficie d’un cofinancement de l’ADEME et de la Métropole de Nantes.
